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Zambie: Amélioration du risque politique à MLT de la catégorie 7/7 à 6/7

Fil d'Ariane

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A busy street in Zambia
24/07/2025

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Actualité pays

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Grandes lignes

  • Après une crise financière profonde et une grave sécheresse, les perspectives économiques sont à nouveau favorables.
  • La résilience de la Zambie repose sur de substantielles recettes de compte courant, de solides performances politiques, des progrès attendus de longue date dans la restructuration de la dette et le regain d’intérêt des investisseurs.
  • Les principaux risques consistent dans les chocs climatiques, les fluctuations défavorables du prix du cuivre et la perte de la rigueur budgétaire ou de la dynamique des réformes à l’approche des élections de 2026.
  • Credendo a relevé la notation du risque politique à moyen et long termes de la Zambie de la catégorie 7/7 à 6/7.

Forces

Antécédents en matière de transition démocratique et risque limité de violence politique (catégorie 3/7)
Richesse en minerais et mines stratégiques (cuivre, cobalt, nickel, manganèse, uranium, or, diamants)
Secteur agricole important et potentiel touristique (préservation de la nature)

Faiblesses

Pays enclavé
Les inégalités et la perception de la corruption restent élevées
Grande vulnérabilité aux sécheresses, 85 % de l’électricité étant produits par l’énergie hydroélectrique
Très exposée aux phénomènes météorologiques extrêmes

Chef d’État

Hakainde Hichilema (depuis le 24 août 2021)

Description du système électoral

Elections présidentielles et législatives. Prochaines élections prévues en août 2026 (dernières élections en août 2021)

Population

20,7 millions

PIB par habitant

1.290 USD

Groupe de revenu

Revenu moyen inférieur

Principaux produits d’exportation

Minerais et métaux (59,8 % des recettes de compte courant en 2024), denrées alimentaires (8,8 % en 2023), voyages (6,9 % en 2023), carburants (3,4 % en 2023)

Aux prises avec les conséquences du défaut de paiement de 2020 et d’une sécheresse dévastatrice

L’ancien président Lungu est arrivé au pouvoir en 2015, après quoi la corruption, l’oppression et la mauvaise gestion économique ont littéralement explosé. Une inflation à deux chiffres a fait grimper le coût de la vie, tandis que des plans d’emprunt non viables – marqués par un manque de transparence – combinés à une chute des prix des matières premières ont poussé le pays vers une crise de la dette publique. En novembre 2020, la Zambie s’est retrouvée en défaut de paiement de sa dette publique extérieure (défaut sur les euro-obligations), ce qui a entraîné une profonde crise financière et économique.

En août 2021, le président Hichilema a été élu et a réussi à stabiliser la situation politique après des années de mauvaise gestion. La capacité de son gouvernement à négocier un accord de restructuration qui a sorti le pays d’une crise de la dette persistante lui a valu le soutien général de la population. L’administration actuelle est engagée dans une consolidation budgétaire, une collaboration positive avec le secteur privé et des réformes politiques dans le cadre du programme de facilité élargie de crédit du FMI (août 2022 – octobre 2025), ce qui a permis de rétablir la confiance des investisseurs.

Depuis janvier 2024, la Zambie est confrontée à la pire sécheresse qu’ait connue la région d’Afrique australe depuis plus d’un siècle. Elle est provoquée par le phénomène El Niño et aggravée par le changement climatique, qui a perturbé les saisons des pluies 2023-2024. La sécheresse actuelle affecte la production agricole et la production d’énergie hydroélectrique et augmente les risques d’insécurité alimentaire et hydrique pour des millions de personnes, tandis que l’aide d’urgence est sous-financée en raison de la réduction des dépenses internationales en matière de solidarité. Un optimisme prudent est de mise pour la saison des pluies 2025, qui a été influencée par un faible phénomène La Niña, entraînant des conditions plus humides dans la région. Toutefois, les niveaux d’eau restent extrêmement bas dans de nombreuses régions du pays et les coupures d’électricité se poursuivent. La sécheresse influencera fortement les conditions dans lesquelles se déroulera la campagne pour la réélection du président Hichilema lors des élections générales d’août 2026, car la situation socio-économique est gravement affectée dans tout le pays. Néanmoins, selon le FMI, les dépenses de protection sociale ont contribué à amortir l’impact de la sécheresse et de la hausse des prix sur les ménages les plus vulnérables.

La Zambie n’est plus considérée comme étant « en situation de surendettement »

Le processus de restructuration de la dette publique dans le cadre du Cadre commun du G20 pour le traitement de la dette a débuté en 2021, mais il a été critiqué pour sa lenteur, qui s’explique d’une part par des désaccords entre les pays créanciers et, d’autre part, par l’ampleur de la dette publique détenue par des créanciers commerciaux. En juin 2023, la Zambie a conclu un protocole d’accord avec son comité officiel de créanciers bilatéraux dans le cadre du Cadre commun du G20 afin de restructurer environ 6,3 milliards USD. Un an plus tard, la Zambie a également mené à bien l’échange de ses euro-obligations en circulation, une autre avancée significative vers le rétablissement de la viabilité de sa dette. De plus, début 2025, un accord de principe a été conclu avec certains créanciers commerciaux extérieurs. Dans son scénario de base, le FMI part du principe que les créances résiduelles des autres créanciers commerciaux extérieurs (y compris les banques chinoises) seront traitées conformément à la stratégie de restructuration prévue dans le programme du FMI. Ainsi, en décembre 2024, le FMI a revu le risque global de surendettement, le faisant passer de « situation de surendettement » à « haut risque de surendettement » (mais soutenable). Bien que la Zambie soit encore dans une « phase de redressement d’après défaut de paiement », elle n’est plus en situation de surendettement et les perspectives s’améliorent de manière significative.

Les chiffres des finances publiques de la Zambie témoignent d’un redressement grâce au processus de restructuration, aux réformes budgétaires, à la compression des dépenses et aux perspectives optimistes pour la production de cuivre, qui peuvent compenser partiellement les graves répercussions de la sécheresse en cours. En raison de la forte dépendance à la dette publique libellée en devises étrangères, les périodes de dépréciation du kwacha ont fait grimper l’encours de la dette publique à plus de 150 % du PIB en 2020. La Zambie étant exclue des marchés internationaux de capitaux depuis 2020, le gouvernement est devenu plus tributaire de la dette intérieure, qui représente aujourd’hui près de 40 % de l’encours total. Le déficit budgétaire global a diminué depuis 2022 et l’encours de la dette publique devrait repasser sous la barre des 100 % du PIB cette année.

De solides prévisions d’exportations soutiennent la reprise des liquidités

La Zambie est le deuxième producteur de cuivre d’Afrique, et le cuivre représente environ 60 % des recettes de compte courant. En 2024, la production de cuivre de la Zambie a augmenté de 12 % malgré des difficultés opérationnelles liées à des pénuries d’énergie causées par la sécheresse, et la production devrait encore augmenter à court terme grâce à l’intérêt accru des investisseurs étrangers. En effet, le cuivre est un minerai essentiel et stratégique dans la transition mondiale vers les énergies renouvelables (véhicules électriques, éoliennes, panneaux solaires, etc.) ainsi que dans d’autres technologies avancées. Les principales destinations des exportations zambiennes sont la Suisse (27 % des exportations de biens, principalement du cuivre), la Chine (14 % d’exportations de biens, principalement du cuivre), les Émirats arabes unis et l’Inde. Comme moins de 1 % des exportations de biens sont destinées aux États-Unis, l’impact direct des droits de douane devrait être limité. La Zambie est néanmoins touchée par les coupes sombres dans l’USAID, en raison de sa dépendance de longue date dans des secteurs clés (éducation, santé et agriculture). Concrètement, en 2023, quelque 70 % de l’ensemble de l’aide bilatérale (2,3 % du PIB) provenait des États-Unis.

Depuis 2016, l’accumulation d’importants déficits de financement dans la balance extérieure – provoquée par des déséquilibres commerciaux et des fuites de capitaux – combinée à une pression croissante liée au service de la dette, a entraîné une chute continue des réserves de change, qui ont atteint un niveau historiquement bas de 1,2 milliard USD à la suite du défaut de paiement sur les euro-obligations fin 2020. Grâce à l’octroi d’une aide financière importante du FMI, à la stabilisation de la situation politique et à la reprise des recettes provenant du cuivre, les réserves de change ont connu une reprise forte et soutenue, dépassant 4 milliards USD, soit quatre mois d’importations, en mai 2025. Bien que la valeur du kwacha, monnaie flexible, ait encore été sous forte pression en 2023, puisqu’il a perdu 42 % par rapport au dollar américain, cette valeur n’a reculé que de 7 % en 2024 et a même gagné 13 % face au dollar américain au cours du premier semestre 2025. Cette reprise en matière de liquidités et de change a été rendue possible grâce à une discipline budgétaire rigoureuse, aux avancées dans le processus de restructuration de la dette ainsi qu’à une politique monétaire stricte et crédible. 

Après avoir enregistré de légers déficits en 2023 et 2024, le compte courant devrait se rapprocher de l’équilibre cette année et afficher un excédent croissant à moyen terme, porté par les exportations importantes de minerais critiques. Malgré des sorties de capitaux significatives, l’augmentation des investissements directs étrangers devrait soutenir la balance extérieure des paiements. L’encours total de la dette extérieure a atteint un pic en 2020 et devrait chuter dans les années à venir pour s’établir à environ 75 % du PIB d’ici 2026. De même, le poids du service de la dette extérieure devrait revenir à un niveau soutenable de 12 % des recettes de compte courant cette année, grâce à la réduction des obligations liées au service de la dette à la suite de l’accord de restructuration.

Malgré un contexte mondial très incertain, la Zambie affiche de solides performances en matière de croissance

En dépit de la grave sécheresse qui a frappé le pays, l’économie zambienne a fait preuve de résilience et a enregistré une croissance de 4 % en 2024, la contraction du secteur agricole ayant été moins sévère que prévu initialement. La croissance économique devrait atteindre 6 % et plus en 2025 et 2026, portée par l’activité minière, les investissements dans les infrastructures, la reprise progressive de la production d’électricité et la participation croissante du secteur privé. L’inflation est élevée depuis des années, sous l’effet de la hausse des prix des denrées alimentaires, des pénuries d’approvisionnement et de la dépréciation du kwacha, mais elle devrait redescendre à 11 % d’ici la fin de 2025 (en glissement annuel). Si la Banque de Zambie maintient sa politique monétaire stricte (taux directeur de 14,5 %), l’inflation pourrait être maîtrisée autour de 7 % dans les années à venir.

Les perspectives de la Zambie sont favorables grâce aux prévisions positives pour le compte courant, aux solides résultats des politiques mises en œuvre et à l’accord sur la restructuration de la dette. Toutefois, certains risques majeurs persistent, notamment la lenteur du retour à des niveaux de précipitations normaux, de nouveaux chocs climatiques défavorables, la volatilité des cours mondiaux du cuivre, ainsi que des difficultés dans la mise en œuvre des réformes budgétaires à l’approche des élections générales de 2026.

Analyste: Louise Van Cauwenbergh – l.vancauwenbergh@credendo.com

24/07/2025

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