Dixième Baromètre des exportateurs : recentrage sur les marchés proches
- Près de 900 entreprises ont participé à ce dixième Baromètre des exportateurs.
- Les principaux débouchés demeurent de loin les marchés proches, îlot de stabilité.
- La politique commerciale de Donald Trump inquiète les entreprises, qui voient désormais les États-Unis comme un risque pour l’Europe.
- L’indicateur de confiance global des entreprises a chuté, mais de réelles opportunités continuent à exister à l’international, avec un déplacement potentiel de la dynamique vers d’autres zones.
Les entreprises plus prudentes
Le dixième Baromètre des exportateurs, réalisé par Credendo en collaboration avec Trends-Tendances, auquel ont participé près de 900 répondants issus d’entreprises d’une vingtaine de secteurs, met en lumière une détérioration sensible du moral des entreprises belges. L’indicateur de confiance global des entreprises a ainsi chuté à 5,7 sur 10, contre 6,1 en 2024. Le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche s’est traduit par une intensification des tensions commerciales et géopolitiques dans le monde avec plus d’incertitudes et d’instabilité.
Opportunités sur les marchés proches
Pour près de huit entreprises exportatrices interrogées sur dix, le principal débouché pour les activités à l’exportation demeure de loin les pays limitrophes. On trouve ensuite les autres pays de l’Union européenne (37 %), le Royaume-Uni, qui progresse sensiblement avec 19 % (+4 points par rapport à 2024), et les autres pays européens (20 %).
Au niveau des opportunités à l’exportation, la zone États-Unis et Canada chute de 13 points avec 16 %, ce qui illustre les difficultés dans le contexte commercial actuel. Ce recul profite à la plupart des autres régions, Asie en tête. « Certains pays ont une dynamique intéressante. L’Inde, l’Indonésie, les pays d’Asie centrale et l’Amérique latine offrent de multiples potentialités pour les exportateurs européens », remarque Nabil Jijakli, Deputy CEO de Credendo.
Les États-Unis perçus comme un risque
La politique commerciale agressive et imprévisible de Donald Trump a profondément modifié la perception qu’ont les entreprises belges des États-Unis, désormais vus comme un risque pour l’Europe par 44 % des répondants tandis que 32 % les perçoivent comme un partenaire commercial important mais concurrentiel. Cette redéfinition du rôle des États-Unis se répercute directement sur les stratégies d’investissement : 38 % des participants estiment que les entreprises européennes devraient cesser d’y investir.
Les annonces de hausse des tarifs douaniers par le Président Trump ont en effet exacerbé davantage l’incertitude ambiante, et poussent les entreprises à chercher des marchés plus stables. Plus encore, les entreprises interrogées ressentent une perte de dynamique du commerce mondial : « Ce qui est frappant dans l’enquête, c’est le fait que quatre entreprises sur dix disent aujourd’hui ne pas s’attendre à une croissance de leurs exportations au cours des trois années à venir », observe Nabil Jijakli.
Face aux tensions géopolitiques croissantes, huit entreprises sur dix estiment que l’Europe doit accroître ses dépenses de défense afin de garantir sa propre sécurité à long terme. Toutefois, les entreprises appellent à une approche réfléchie de son financement.
Les coûts et les conflits restent les principaux facteurs impactant les exportations
Sans surprise, lorsque l’on demande aux entreprises exportatrices quels sont les principaux évènements impactant les exportations, les tensions géopolitiques et commerciales se retrouvent en haut de la liste, avec un impact négatif pour 62 % des répondants (+8 points par rapport à 2024). Toutefois, même si l’on note un recul par rapport à 2024, l’évolution des prix de l’énergie et des matières premières reste l’élément d’actualité jugé le plus préjudiciable par 65 % des répondants et les coûts de production en Belgique demeurent le frein à l’exportation le plus fréquemment mentionné (42 %).
À noter également que les entreprises fortement tournées vers l’exportation – réalisant au moins 75 % de leur chiffre d’affaires à l’étranger – se montrent particulièrement sensibles aux mesures protectionnistes, considérées comme un frein par 31 % d’entre elles.
Moins de pertes liées aux factures impayées
Malgré un nombre croissant de freins, les entreprises exportatrices déclarent subir moins de pertes concrètes. Elles rapportent une forte diminution des factures impayée (32 %, soit une baisse de 11 points en un an). L’adoption croissante d’instruments de couverture pour se prémunir contre les risques commerciaux et financiers n’y est pas pour rien. La garantie bancaire, utilisée par 33 % des entreprises interrogées, devance désormais le paiement à l’avance à 100 % (29 %) – ce qui pourrait s’expliquer par la volonté des clients étrangers de ne pas supporter l’intégralité des risques dans un environnement particulièrement incertain –, suivi par l’assurance-crédit (24 %), spécialité de Credendo. Le recours à l’assurance-crédit grimpe à 50 % pour les entreprises qui réalisent plus de 75 % de leur chiffre d’affaires à l’exportation.
Pour en savoir plus: Retrouvez ici tous les résultats du dixième Baromètre des exportateurs réalisé par Credendo et Trends-Tendances.